2.1. Science mentale et science physique
Le pont infini au dessus du vide, symbole de l'évolution mentale

2.1. Science mentale et science physique

Deux substances

Nous sommes confrontés à deux substances ou natures : mentale et physique. Peu importe les noms que leur donnent toutes les langues de tous les peuples de tous les êtres de l’univers, ce qui compte ce sont les propriétés de ces deux choses. Si j’étais seul au monde, je n’aurais nul besoin d’une langue pour en parler et je pourrais me contenter de penser en une nature, la mentale, pour appréhender et analyser ces deux choses. Ces deux substances sont exclusives, c’est à dire qu’elles n’ont aucune propriété commune, qu’elles ne sont pas régies par les même lois, et qu’il n’existe aucune solution de continuité entre elles. L’une est mentale et non physique, l’autre est physique et non consciente. Certains hommes nient l’existence de la première, ce sont des physicalistes, d’autres nient l’existence de la seconde, ce sont les idéalistes. Avec les dualistes de substance interactionnistes comme Renée Descartes, Karl Popper et John Carew Eccles, nous constatons que nous sommes exclusivement une substance pensante, sans étendue spatiale, qui dirigeons exclusivement la substance spatialement étendue d’un corps physique mesurable, incapable de la moindre pensée. Chacune de ces deux entités ayant des propriétés radicalement différentes, il ne nous est pas possible de croire que l’une émerge ou découle de l’autre, mais qu’elles vivent en symbiose et interagissent l’une sur l’autre par l’intermédiaire d’une interface mental/physique.

Un retard pour la préhension de l’une d’elles

Nous pouvons nous étonner que les hommes se soient tant intéressés à la substance physique, même si la survie de notre corps en dépend. Il eut été plus naturel pour lui de commencer par découvrir, comprendre et maîtriser sa nature spirituelle mentale, la réalité de son esprit, plutôt qu”une chose très éloignée de lui-même et ne lui rendant que bien peu de services personnels au delà d’une notoriété aléatoire fondée sur la séduction de ses semblables et leur attirance à combler leurs ignorances par des constructions conceptuelles et des croyances sans rapport avec la satisfaction de leurs besoins naturels. Il en est résulté un véritable déficit de ses savoirs faire mentaux en comparaison de ce que lui ont apporté les machines et les techniques qu’il a construit pour dominer la nature et exploiter jusqu’à l’extrême les ressources de la planète.
Il n’en a pas été de même en Orient où les civilisations chinoises et hindoues ont commencé à valoriser très tôt l’exploration expérimentale de notre nature spirituelle, hors de toute théologie, alors qu’en Occident la religion catholique définissant l’homme comme une une créature matérielle divine faite de chair et de sang a retardé l’étude de cette substance, et il a fallu attendre après Descartes qui en a posé le principe, les dix neuf et vingtième siècles pour que les neurologues Jean-Martin Charcot et Sigmund Freud s’en emparent enfin.

Deux sciences nécessaires

Deux substances, régies par des principes autres, des lois étrangères et présentant des propriétés distinctes, donc deux sciences et non une seule pour les étudier avec des techniques nécessairement différentes. La physique ne peut pas prétendre étudier dans son cadre conceptuel approprié à des mesures de grandeurs physiques d’objets physiques, des sujets qualitatifs, non mesurables n’appartenant pas à ces grandeurs, telle que la conscience et l’intention. Les mesures et les images physiques du cerveau n’ont aucune valeur pour déterminer ce qui se passe dans notre esprit, tout au plus peut-on invalider certains états, sans pouvoir en dire plus, à condition d’avoir étalonné une image par un grand nombre de témoignages d’introspection. Par exemple, invalider un état émotionnel, si l’onde cérébrale ou la figure de l’IRMf ne correspond pas à un état émotionnel, on pourra peut-être noter sa puissance, mais on ne pourra pas distinguer de quel type d’émotion il s’agit, et l’imaginaire d’un cadre conceptuel matérialiste ne pourra que nous tromper pour analyser un domaine non matériel.
Il est donc contradictoire de nier toute valeur à l’introspection puisque le chercheur se sert de celle du sujet, s’il refuse de se servir de la sienne. De fait, la voie physicaliste actuellement empruntée par les neurosciences, fondée sur une pétition de principe non avérée que notre esprit et notre conscience émergent du biologique, et sur des interprétations illusoires d’images cérébrales, de plus en plus contestée dans les rangs mêmes de ses chercheurs, nous montre clairement que cette voie scientiste qui nie toute réalité non physiquement mesurable, est sans issue et vouée à un effondrement proche au cours de ce siècle.

Le vivant

Le vivant est a-priori la seule entité au monde capable de percevoir et de révéler quelque chose de l’univers grâce à des facultés spécifiques de perception analytique et de conscience mentale de ses perceptions. Ce qui n’implique pas que le résultat de sa perception soit la traduction vraie de la réalité du monde, mais plutôt d’une représentation de ce monde, la plus utile à servir ses besoins, façonnée au cours des millénaires de son évolution physique et mentale. De ce fait, le vivant est une chose tellement atypique et extraordinaire dans ce monde qu’il ne peut pas être assimilé à de la matière inerte pour son étude scientifique, et donc qu’il réclame des méthodes et des techniques particulières pour que ces mêmes études ne puissent aboutir à le confondre avec cette substance physique inanimée par elle-même, et déterminée par le jeu de lois physiques impliquantes.

Le pont infini au dessus du vide, symbole de l’évolution mentale

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