5. Les preuves du dualisme de substance

5. Les preuves du dualisme de substance

Les incohérences de la thèse adverse

Le physicalisme, quelles que soient ses variantes (dualisme de propriété qui n’est qu’une forme de matérialisme émergentiste, dualisme d’attribut qui sans remettre en cause l’unicité de la substance physique, rejette la possibilité de décrire les phénomènes mentaux en termes uniquement physiques), présente de très nombreuses incohérences logiques. Nous pouvons citer :
— Affirmer que toute réalité est mesurable et nier la réalité du non mesurable bien que perceptible.
— Nier la réalité de ce que nous pouvons éprouver mentalement.
— Avoir créé une condition de non réfutabilité en exigeant une preuve physique de l’existence de ce qui n’est pas physique.
— Assumer une contradiction fondamentale entre ce que l’homme doit être pour qu’une machine lui soit assimilable : physique, et ce qu’il doit être pour jouir de ses facultés tant jalousées : non physique, ou sémantique, de la nature du sens.
— Assumer le miracle de l’émergence du non physique à partir du physique, hard problem, rupture de la chaîne logique.
— Confondre cérébral et mental. Information et sens, contenu conscient et conscience de contenu.

Le computationnalisme

Jerry Fodor, le fondateur du Computationnalisme, a parfaitement raison d’assimiler notre cerveau à un ordinateur biologique, et un ordinateur à un cerveau électronique, son tort n’est que de croire que nous sommes notre cerveau et que celui-ci fabrique notre esprit. Si c’était le cas, voilà déjà longtemps que l’intelligence artificielle, qui serait mieux nommée cerveau artificiel, aurait créé de la conscience, de l’intention, des sentiments, du désir et du sens. S’il n’en n’est pas capable depuis les dizaines d’années de recherche des ingénieurs, c’est que notre cerveau n’en est pas capable non plus, et qu’il ne fait que transmettre des informations et exécuter les instructions de notre esprit non physique qui le dirige.
La méconnaissance fondamentale de notre esprit et la confusion entre information et sens, à créé les espoirs fous du monde magique de la cybernétique. Dans notre cerveau comme dans un ordinateur, les informations sont constitués de chaines d’éléments numériques codés. Alors que dans notre esprit, le sens se présente comme des champs continus de nuances qualitatives variées. Ces deux mondes, signes et qualia, sont exclusifs, il est impossible de traduire exactement l’un dans l’autre, car un ordinateur ne pense pas, il ne fait que permuter des signes. La preuve en est qu’il est impossible à Google de traduire parfaitement une langue dans une autre, et il en sera toujours ainsi à moins de contraindre notre esprit à fonctionner sottement comme un ordinateur. La machine informatique a besoin d’un dirigeant extérieur à elle-même pour fonctionner. Si ce n’est pas nous au clavier, c’est du monde extérieur que le robot reçoit ses ordres en se conformant à sa programmation initiale. Rappelons enfin qu’une machine ne peut jamais se tromper, elle ignore notre ignorance des choses, car notre ignorance c’est du sens intuitif mental, et c’est ce sens fondamental qui nous permet d’évoluer mentalement et de faire progresser nos savoir-faire.

La reconnaissance de l’expérience intime

Reconnaître la réalité de son expérience intime est fondamental, refuser de le faire, comme Daniel Dennett, c’est affirmer être un zombie, l’expérience est la seule preuve que nous possédons de l’existence des choses. Tout est par expérience et comme expérience, il n’y a pas de différence fondamentale entre notre expérience de la nature physique extérieure et notre expérience intime. Nous ne pouvons pas trier par un acte subjectif les expériences dignes de valider une réalité de celles qui ne le sont pas, car douter d’une seule expérience c’est douter d’elles toutes comme preuve de notre existence comme expérienceur.
Notre expérience intime qui recouvre toutes nos expériences est une succession de qualia dont la nature est sémantique, non physique, la chair même de notre mental. Avant de distinguer ce qui appartient au monde extérieur de notre monde mental, toute expérience est de substance mentale, et la source de toute connaissance humaine.

La cohérence explicative

Pour le physicalisme notre conscience est un organe superflu qui révèle une illusion. Si la réalité cérébrale était préalable à toute expérience mentale, cette dernière ne pourrait donc pas intervenir sur les opérations mentales qui lui ont donné naissance. Or la nature ne développe pas de choses aussi importantes qui ne soient pas nécessaires. Le dualisme de substance est seul en mesure d’apporter des explications cohérentes sur la grande variété de nos états mentaux, le rôle joué par notre conscience et celui de nos autres fonctions mentales dans tout ce que nous vivons. Pour commencer à comprendre le fonctionnement de notre esprit, il faut commencer à admettre qu’il existe, éprouver ce qui se passe et non l’imaginer et l’induire par l’analyse de l’imagerie cérébrale, ou bien encore par l’observation de nos comportements physiques.

Les preuves physiques

Les preuves physiques sont indirectes étant donné que le non physique n’est pas physiquement détectable et que nos qualia sont ineffables, intransmissibles et non comparables. C’est par un examen d’images cérébrales au cours des phases de rêve, de rêve lucide et de veille que nous pouvons mesurer l’impact d’une thérapie brève mentaliste, la transformation volontaire d’états mentaux que le cerveau ne peut pas décider d’induire de lui même, ou encore la transformation cérébrale que provoque une ataraxie structurelle vraie et la conséquence de la pensée holistique sur les images du cerveau examiné par IRMf.

Valeurs des thèses pour l’humanité

Les deux thèses du physicalisme et du dualisme de substance, n’ont pas la même valeur pour l’humanité, indépendamment de leur justesse et du critère de vérité. La croyance et l’aliénation au physicalisme, de même que l’identification à son cerveau, excluant une grande partie de ce qui existe, réduit notre libre arbitre, notre esprit critique, nos facultés créatrices, ainsi que notre capacité à résoudre nos problèmes mentaux. Car il faut commencer par croire que nous existons pour prendre conscience de ce que nous sommes et pouvoir en exploiter toutes les possibilités. C’est en particulier le cas de nos fonctions mentales non cérébrales auxquelles nous ne pouvons pas avoir accès sans un cadre conceptuel non matérialiste, approprié.

Ce que le cerveau ne peut faire

Le cerveau ne peut pas se réformer de lui même, toute réforme systémique importante de son fonctionnement doit passer par une mutation génétique, ce qui vaut pour notre système émotionnel de contrôle de l’activité de notre fonction volontaire, nos émotions. L’ataraxie ou la réforme complète de ce système serait donc formellement impossible, or elle est.
Le cerveau ne peut probablement pas non plus élaborer nos rêves alors qu’il est en phase végétative réparatrice des afflux de toxines chimiques, et encore moins produire un rêve de mort imminente alors que son électroencéphalogramme est plat, ou encore un songe onirique lors d’un voyage astral en sortie du corps, notre fonction motrice dissociée de notre corps physique, donc aussi de notre cerveau.
Tout ce que notre cerveau, ni notre nature physique ne peut pas faire, prouve l’existence de notre nature mentale, toujours valide et active dans ces circonstances particulières et parfois dramatiques.

Applications fructueuses en thérapies brèves

Nombreuses sont les applications fructueuses des techniques et des protocoles mentalistes du développement mental sémantique DMS, pour traiter des désordre mentaux en thérapies brèves, par exemple une colère ou une timidité pathologique, une phobie ou une addiction. Nous pouvons encore parler des mêmes types de traitement en hypnose. Ces désordres ont été impliqués par une activité mentale inapproprié et sont résolus de même par une activité mentale sans que le cerveau y joue le moindre rôle, car elles n’ont pas de relation avec une activité physique que le cerveau doit diriger.

La cohérence de la voie évolutionnaire

Le cerveau n’est qu’un intermédiaire inconscient qui ne pense pas, qui alimente en informations physiques notre mental non physique, et reçoit des instructions à exécuter du même pour diriger notre corps, Telle est la thèse cartésienne dualiste de substance, qui dispose de nombreux arguments pertinents en sa faveur, et qui donne un sens opératif à la phénoménologie de Husserl.
L’interaction corps (dont cerveau) <-> mental (notre esprit, non cérébral) passe par le diplosome (un organite géométrique cellulaire) compatible par sa nature à la biologie et par sa structure à notre structure mentale, et non par la glande pinéale, une imprudence de Descartes à une époque qui manquait de connaissances biologiques. Si fait, que notre corps biologique (dont nous ne possédons qu’une expérience très superficielle) est le lieu de rencontre de deux systèmes de gouvernance = les lois physiques déterminant la matière, et les principes gouvernant notre réalité mentale (qui font apparaître des libertés, des intentions, des doutes et des confiances, donc…. des erreurs, qui sont le lot de toute entité vivante évolutionnaire, et qui nous différencient de la matière inerte).
Le cerveau ne peut évoluer que par mutation génétique bien qu’il y ait une variable épigénétique (je pense que le fait pour notre espèce d’être pleinement rentré dans la phase mentale de l’évolution, signifie que notre évolution biologique, et donc celle du cerveau, est terminée, bien qu’il reste des gènes nuisibles causes de maladies dans notre patrimoine génétique.
Notre évolution future est mentale et sans limite. Elle passe par la préhension et et la transformation de nos structures mentales intimes. Dans l’état de pagaille et de néoténie dans lequel se trouve le mental des hommes du commun, je ne pense pas que l’on puisse parler d’extension de conscience (ou de quoi que se soit), mais de remise en ordre de cet ensemble d’une grande complexité, vers la résolution de toute dissonance cognitive.
Ce chemin passe par la découverte et la maîtrise des structures de nos fonctions mentales, que de grands influenceurs (Zoroastre, Lao-tseu, Bouddha, Épicure, etc.) ont déjà emprunté dans le passé. Telle est la voie des sublimes merveilles.
La philosophie occidentale a commis plusieurs erreurs de nature à la loger dans des voies de garage, sans pouvoir en sortir =
a) Chercher la connaissance plutôt que la transformation évolutionnaire de soi.
b) Des tendances physicalistes neurocentristes (je suis mon cerveau).
c) l’influence théologique judéo-chrétienne de l’homme fait à l’image de Dieu, donc immuable
d) Croire en l’unité indivisible de notre entité mentale identifié à un soi, alors que “nous” sommes neuf fonctions mentales complémentaires en interaction.

René Descartes , le père du dualisme de substance

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